

Artisans de paix

Heureux ceux qui procurent la paix, parce qu'ils seront appelés fils de Dieu
Matthieu 5.9

Quand
Jésus utilise le mot « heureux » quel est le contenu précis de ce mot ?
Est-ce que cela me semble vrai ? Jésus nous invite au changement à
vivre quelque chose de plus grand, lié à une attitude d’esprit qui donne
accès au royaume de Dieu que l’autre bonheur égoïste centré sur soi ;
cela renverse fondamentalement notre façon habituelle de voir. C’est une
ouverture sur l’Esprit et le cœur de Dieu, dans ce processus de
conversion qui ouvre nos cœurs dans une perspective dont nous n’avons
jamais expérimenté et qui ne nous est jamais venu à l’esprit. être prêt
nous engage dans la voie de Dieu avec les paradoxes de la vie et vivre
pleinement. être heureux est le fait que Dieu est avec nous et qu’il
peut se servir des gens qui, aux yeux du monde, semblent avoir peu de
valeur.
Quand on parle d’artisan, c’est un art, il y a un travail à
faire et une certaine technique. Par conséquent être un artisan de paix,
c’est travailler à trouver une forme de paix adapté à une situation
donnée, qui convient à une relation dans une communauté ou un groupe
donné dans une situation de tensions conflictuelles. Les artisans de
paix dans leur attitude poursuivent l’œuvre que Jésus a entamé et
réalisé. Nous sommes appelés « fils de Dieu » (Matthieu 5.44-45),
lorsque nous œuvrons pour la paix, nous sommes connus et reconnus comme
ce que nous sommes vraiment. Quand on dit artisan, c’est qu’il y a un
travail à faire, il faut être actif et ne pas être passif.
L’artisan
de paix initie la réconciliation lorsque les autres lui ont fait du
tort. Cela implique une certaine démarche : c’est d’accepter de
regarder en face un conflit, de parler de son contenu, de ses enjeux,
des intérêts, des éléments en conflits, et ceci pas uniquement comme
quelque chose qui parvient à un but pour une victoire de calmer les
querelles permettant de revivre comme si le conflit n’a jamais existé,
mais pour en tirer le meilleur pour chacun. Ce que le Seigneur appelle
bienheureux est étonnant, car ses valeurs semblent contraires aux
nôtres. La paix qu’apporte Jésus amène les tensions, car pour ceux qui
ne le connaissent pas personnellement, il y a une fausse paix faite de
compromis, d’hypocrisie, de mensonges, que l’évangile de paix de Jésus
combatte et les partisans de la fausse paix contre-attaquent à leur
tour, il peut nous arriver aussi de sacrifier la fidélité à Dieu pour
maintenir une fausse paix. Pour être un artisan de paix, il convient
d’avoir un état d’ame en relation avec Dieu. La sagesse d’en haut ne peut
pas se répandre ni produire ses fruits au sein des tensions et des
troubles. Les mouvements pacifistes, anti-mondialisation,
anti-autoritaire, anti-nucléaire, anti-occupation, contre la violence
faite aux animaux. Ne nous trompons pas de combat.
La paix dans la
bible a une signification plus profonde que celle que nous lui donnons.
Jésus est venu pour faire la paix entre Dieu et les pécheurs et quand
nous transmettons ce message aux autres, nous sommes des artisans de
paix. En continuant le ministère de réconciliation que Jésus nous a
donné (2 Corinthiens 5.18), et ceux qui se donnent comme Jésus s’est
donné pour apporter la réconciliation à des relations brisées, pour que
d’autres connaissent Dieu dans une relation restaurée, ils poursuivent
l’œuvre de Jésus. L’état de paix amène avec lui la sécurité, le bonheur,
le bien-être, mais la paix de l’ame, la tranquillité ne se trouve qu’en
Dieu (psaume 119.165, Esaïe 26.3). La paix est liée à la justice
(Romains 14.17). Le sacrifice de Jésus pour le péché apporte aux humains
la paix avec Dieu, mais cela va plus loin, c’est créer la paix entre
les hommes, toutefois il leur appartient de la promouvoir (Ephésiens
4.3) Nous vivons dans un monde où nous avons été formés pour éviter les
conflits. Le rétablissement de la paix exige un engagement à avancer
vers celle-ci. La médiation n’est possible que si les parties concernées
adhérent à l’idée de trouver une solution et qu’elles entrent
réellement dans le processus.
Je trouve qu'il est fondamental de
parler au Seigneur de ce que j'ai fait ou de ce que les gens m'ont fait
avant de leur parler dans la réconciliation. Cela me donne de la
perspective et l’ouverture d’esprit et du cœur. Le Seigneur m'aide à
voir les besoins plus profonds de la relation et ce qui a causé le
problème. Lui aussi me montre ma part, et souvent, mes mauvais mots,
comportements ou attitudes qui entravent la réconciliation. Même si
l'autre personne a tort à 95 % et que je n'ai tort qu'à 5 %, je dois
quand même avouer mon erreur. Ensuite, je remets le conflit au Seigneur.



